Retour sur l’Université d’automne 2019 à Bourges

Cette année, le Mouvement Européen – France, le Mouvement Européen – Cher ainsi que les Jeunes Européens – France ont organisé la 13e édition de l’Université d’automne à Bourges :

“L’Europe des territoires, une Europe pour tous ?”

Le programme a été rempli de conférences-débats et ateliers portant sur des thématiques proches des régions et communes.

Vendredi

La première journée a commencé par une matinée de jeux interactifs autour de l’UE au sein du Collège Emile Littré à Bourges avec les Jeunes Européens – France. “Que veut dire l’Europe pour vous ?” Cette question a provoqué beaucoup de réponses parmi les collégiens telles “Champions League”, “Union européenne”, “Bruxelles”, “continent” et “l’Euro”.

L’ouverture officielle de l’Université d’automne par le président du Mouvement Européen – Cher Phillipe Bensac, le maire de Bourges Pascal Blanc, Marie Caillaud, présidente des Jeunes Européens et notre président Yves Bertoncini, a eu lieu l’après-midi et a souligné l’importance de la ruralité en France et l’impact concret des enjeux européens sur les territoires.


La première conférence-débat sur le thème “Comment rapprocher l’Europe de ses territoires ?” a rassemblé différentes personnalités et élu.e.s comme Caroline Roose (eurodéputée Verts) et Loïc Kervran (député du Cher LREM) ainsi que Marcel Grignard, le président de Confrontations Europe, et Laurent Zylberberg de la Caisse des dépôts. Elle fut modérée par Fabien Cazenave, journaliste à Ouest-France.

Selon l’eurodéputé Caroline Roose, “les dépenses des fonds européens doivent correspondre aux objectifs climatiques de l’Union. Il faut que celle-ci se rapproche encore plus de ses territoires“, mettant ainsi en avant l’importance d’une redistribution cohérente pour les régions d’Europe et faire progresser le facteur clé de l’écologie. Laurent Zylberberg, directeur de la Caisse des dépôts, a fait le constat du sentiment de délaissement par la ruralité par rapport aux métropoles. Le député Loïc Kervan a comparé l’Europe à “papa et maman qui envoient de l’argent mais ne prennent jamais le temps de voir leurs enfants.” D’après Marcel Grignard, “il faut impliquer les territoires sur des questions parfois clivantes” pour encourager la démocratie participative. 

 

La deuxième conférence-débat du vendredi sur le thème “La démocratie locale en Europe” a été modérée par Alexandra Lesur, rédactrice en chef de Toute L’Europe. Nous recevions comme intervenants, Adeline Collet de l’association Tous Elus, Antoine Godbert membre de l’association française du Conseil des Communes et Régions d’Europe, et Sabine Thillaye, la présidente de la Commission des affaires européennes à l’Assemblée nationale. 

“Le jumelage européen qui permet aux citoyens d’échanger représente l’une des clés de la démocratie locale” a souligné Antoine Godbert. Selon Adeline Collet, il faut “éduquer les jeunes politiques pour qu’ils ne voient pas l’Europe comme un tiroir-caisse“. Tout les intervenants abondaient dans la nécessité d’un renforcement de la collaboration entre les États-Membres et du rapprochement entre l’Europe et ses citoyens. Sabine Thillaye a ajouté qu’ “il faut faire le lien entre le local et l’européen mais pas que sur les fonds structurels“.

 

Pour clôturer cette première journée riche de pédagogie et d’enseignements, une vidéo keynote faite par Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargé des affaires européennes a été diffusée pour les participants.

Samedi

Le samedi matin a été dédié à différents ateliers de sujets sujets variés allant du fédéralisme européen et la défense européenne jusqu’à la présence de l’UE dans les médias. Animés par Théo Verdier et Rémy Broc du bureau national du Mouvement Européen – France, Pauline Gessant, Vice-Présidente de l’Union européen des fédéralistes, Benoît Duhamel, Responsable de l’Europe Direct Bourges, les Jeunes Européens pour le Projet Include sur la citoyenneté, et le colonel Géraud Laborie pour l’Europe de la défense.

Lors de l’atelier sur les médias, Théo Verdier et Rémy Broc ont fait un état des lieux de la présence de l’UE dans les médias français. Le constat ? “Le service public se positionne en tant que leader sur les sujets européens, sans lui il y aurait des vraies lacunes dans l’actualité européenne“, ce qui est d’autant plus frappant sachant que “sur tous les JT, seulement 2,7% des sujets traitent l’UE, ses actions et ses enjeux. Si on enlève Arte, ce chiffre chute à 1,9%“.

 

En parallèle, le colonel Géraud Laborie discutait de l’Europe de la défense lors de son atelier, constatant qu’ “un frein majeur [dans la défense européenne] est l’hétérogénéité des cultures stratégiques dans les armées européennes“. Il a également insisté sur le fait qu’ “à l’intérieur de l’Union européenne on s’appuie beaucoup sur des relations bilatérales franco-allemande franco-britannique“. Cet atelier était labellisé “Fabrique Défense” par la ministère des Armées.

 

Dans l’auditorium, Pauline Gessant a débattu fédéralisme, remarquant que “la France est un des seuls pays où il existe une réticence et une mécompréhension du système fédéral, notamment de par sa forte centralisation“. Elle a expliqué en profondeur les origines du fédéralisme, ses différents formes et manifestations actuelles dans le monde d’aujourd’hui.

Entretemps, à quelques pas, Manon Schilder des Jeunes Européens – France faisait un bilan sur le projet Include pour l’atelier “comment vivre la citoyenneté européenne dans sa commune ?”. Elle soulignait l’importance de la sensibilisation et de la pédagogie, notant que “sur l’abstention, 71% des personnes interrogées lors d’une enquête avaient répondu que si elles avaient été mieux informées, elles seraient allées voter lors des élections européennes“.

Enfin, Benoît Duhamel, responsable du Centre d’Information Europe Direct de Bourges, a discuté des perspectives de la politique sociale de l’UE, soulignant que “l‘Union européenne veut être en pointe dans l’insertion professionnelle et sociale des jeunes. Il y a aussi une volonté d’un salaire minimum européen”. L’atelier a fait le point des situations sociodémographiques en Europe avec une mise en situation de plusieurs cas tels une infirmière belge ou un chauffeur routier roumain afin de mieux comprendre les enjeux de l’Europe sociale.

 

L’après midi, une première conférence-débat de la journée sur le thème “L’innovation, facteur de progrès social?” a été modérée par Jessica Chamba, Vice-Présidente du Mouvement Européen – France. Elle réunissait Arielle Garcia de la Mutualité française, Alain Schott, président du think-tank Ekwee, Sébastien Gendron, président de Transpod, et Michel Derdevet, secrétaire général d’Enedis.

Selon Arielle Garcia “lorsque l’on parle d’innovation et de technologie, il faut se demander en quoi cette technologie répond à un besoin et comment la rendre accessible à tous“, voilà le véritable objectif du progrès social lié à l’innovation. Pour Michel Derdevet, “dans le domaine énergétique on est dans un changement complet de paradigme: on observe la montée d’effet local partout dans le monde, ce qui chamboule le paysage de l’innovation“. Par ailleurs, les intervenant ont déploré les dérives de la bureaucratie qui sont un élément non négligeable et qui entravent et ralentissent les projets innovants par manque de moyens.

 

La dernière conférence-débat de l’Université d’automne 2019 sur le thème “L’agriculture européenne sociale et environnementale” a été modérée par Marie Caillaud, présidente des Jeunes Européens. Elle rassemblait Benoît Biteau député Verts au Parlement européen, Maria Pelletier présidente de Générations Futures, et Etienne Gangneron vice-président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles.

L’agriculture est connectée à différents sujets connexes, comme la santé et le bien-être. Maria Pelletier explique qu’il faudrait “une rééducation au niveau européen sur les enjeux sociaux et environnementaux dans l’agriculture“, car les problèmes de santé sont en croissance. Elle fut soutenue par Benoît Biteau, qui affirme que “l’utilisation des produits de synthèse n’est pas seulement dangereux pour la nature mais aussi pour les riverains“. Etienne Gangneron, syndicaliste représentant les agriculteurs a fait référence à l’agressivité des citoyens vis-à-vis des agriculteurs qui vivent et travaillent dans des conditions très pénibles “les citoyens aiment bien les agriculteurs mais n’aiment pas leurs pratiques, ce qui nous mène vers l’agribashing“. Les intervenants ont rappelé le nombre important de suicides dans la profession.

 

Pour clôturer la deuxième journée de l’Université d’automne, riche en ateliers et conférences-débats, le Mouvement a organisé une soirée de Gala pour célébrer les 70 ans de notre association.

 

Le dernier jour de l’Université d’automne, fut consacré aux échanges entre sections locales et associations membres de notre mouvement, notamment sur les prochains défis et activités de l’association. En parallèle, la section locale du Cher a organisé son Assemblée générale et l’élection de son nouveau président de section, Stéphane Verdier.

Dans l’ensemble, l’Université d’automne était un grand succès, rempli d’échanges et d’idées intéressantes. Un grand merci encore à tous les intervenants et participants d’avoir fait de cette Université d’automne 2019 un succès incontestable !

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