Pour la sécurité des Européens, construire une véritable défense européenne

Il est temps pour l’Union de créer une véritable défense commune : Nous avons besoin rapidement d’une armée européenne !

Le Mouvement Européen – France plaide pour la création d’une véritable Union de la défense européenne dotée d’une armée commune. Face aux menaces géopolitiques croissantes, à la guerre d’agression russe en Ukraine, à la dégradation des relations avec les États-Unis et à la fragmentation des efforts militaires des Etats européens, il appelle à l’activation des dispositions des traités européens sur la défense (notamment les articles 42.2 et 42.7 du TUE), à la montée en puissance d’une force de réaction rapide de l’Union européenne, à un investissement massif et coordonné dans l’industrie de défense européenne, à la mise en place d’une dissuasion nucléaire partagée, et à la construction d’une culture stratégique et citoyenne commune. Il soutient un emprunt européen pour le réarmement commun, tout en regrettant les limites du plan « ReArm Europe ». Le Mouvement Européen insiste sur la nécessité d’une gouvernance démocratique de la défense intégrant les institutions européennes. L’objectif final est une autonomie stratégique de l’Union, garante de la paix, de la sécurité et de la souveraineté des Européens.

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Le texte de la résolution adoptée par le Mouvement Européen – France :

Pour la sécurité des Européens, construire une véritable défense européenne

Résolution du Conseil d’administration du 22 mars 2025, mise à jour le 9 novembre 2025 et le 21 septembre 2026

Considérant l’engagement historique du Mouvement Européen en faveur de la création d’une défense européenne intégrée dès les prémices de la construction européenne et jusqu’à aujourd’hui ;

Rappelant son soutien déterminé au projet de Communauté européenne de défense abandonné en 1954 et à sa gouvernance démocratique fondée sur le projet de Communauté politique européenne ;

Constatant avec horreur le retour de la guerre sur le continent européen, la remise en cause du droit international et les atteintes aux droits humains en Ukraine compte tenu des bombardements russes contre les populations civiles et contre les infrastructures énergétiques et de transports essentielles;

Regrettant la dégradation des relations entre les alliés européens et les Etats-Unis d’Amérique depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2025 et craignant le risque de vassalisation des Etats européens sous la coupe des Etats-Unis ; 

Réaffirmant la nécessité de se préparer pour répondre efficacement aux menaces et aux conflits émergents dans un monde instable et dangereux marqué par l’instabilité des équilibres géopolitiques, la fragilité des alliances et la remise en cause de l’ordre mondial ;

Condamnant fermement la violation de l’intégrité de l’espace aérien de plusieurs Etats européens et le lancement réguliers de drones depuis la Russie et la Biélorussie vers plusieurs Etats membres de l’Union européenne et de l’OTAN depuis septembre 2025 ;

Soulignant l’urgente  nécessité pour les Européens de prendre en main leur sécurité et de construire sans délai une Europe souveraine, autonome et crédible sur le plan militaire et stratégique ;

Saluant l’engagement d’une majorité des Etats membres de l’Union européenne à augmenter leurs dépenses et investissements militaires pour apporter une réponse et être à la hauteur des menaces et enjeux créés par les agissements et déclarations de certains Etats tiers ;

Dénonçant la persistance d’une fragmentation des investissements militaires européens qui affaiblit l’efficacité collective, entretient les doublons et compromet la crédibilité stratégique de l’Europe.

Appelant à la poursuite des initiatives des industriels visant à se coordonner dans le cadre de leur programmation, afin de pallier la faiblesse de la base industrielle de défense européenne et les difficultés à structurer un marché européen de la défense compétitif à même de favoriser le développement de champions européens;

Regrettant un manque de coordination dans les investissements militaires des Etats membres, nuisant à l’efficacité des dépenses publiques en la matière, engendrant des doublons, ne favorisant pas toujours l’interopérabilité des forces et équipements militaires européens et entraînant des surcoûts pour renforcer a posteriori la coordination des armées nationales ;

Déplorant le manque de considération accordé en Europe à la protection physique des données liées à la sécurité économique, civile et militaire (réseaux de transports, d’énergie et de télécommunication, données financières, de santé, contrats publics, stocks militaires et de sécurité, etc.), malgré les avantages économiques et stratégiques apportés par la connaissance de ces données ; 

Soulignant la nécessité pour les Européens de mettre en œuvre sans tarder les réglementations et procédures européennes favorisant une meilleure coordination et une plus grande efficacité dans la lutte contre les attaques cyber autour de l’agence européenne ENISA ;

Regrettant l’absence d’une culture stratégique commune aux Européens ;

Considérant les récentes propositions du Mouvement Européen – International en matière de défense européenne, publiées le 5 mars 2025 ;

Considérant la résolution adoptée par le Parlement européen le 12 mars 2025 sur le livre blanc sur l’avenir de la défense européenne ;

Considérant le plan d’investissement « ReArm Europe » présenté par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 4 mars 2025 ;

Saluant la mise en œuvre rapide de mécanisme de prêts SAFE et appelant à son renforcement ;

Considérant les propositions récentes de la Commission européenne et le livre-blanc sur la défense européenne publié le 19 mars 2025 et saluant l’annonce d’une nouvelle stratégie sur la sécurité faite lors du discours sur l’état de l’Union le 16 septembre 2026 ; 

Appelant, compte tenu de la situation d’extrême tension entre l’Europe et la Russie, à intensifier les progrès concrets menant à une Union de la défense et à surmonter les débats institutionnels sur la répartition des compétences entre l’Union et les Etats membres ;

Exigeant, face à la détérioration rapide de l’environnement stratégique européen, une accélération décisive de la construction d’une Union de la défense et la fin des blocages qui retardent l’émergence d’une capacité européenne crédible.

Considérant le sondage Cluster17 pour le Grand Continent publié le 20 mars 2025 indiquant que 60% des Européens sont favorables à une armée européenne et que plus de 70% sont favorables à une autonomie européenne en matière de défense ;

Considérant l’enquête commandée par le Mouvement Européen – International de l’été 2025, révélant la faible résilience démocratique des Européens, mais soulignant également leur fort soutien à la création d’une armée européenne sous un commandement unifié, y compris chez plus de la moitié des Français.

 

Le Mouvement Européen-France : 

 

Pour une Union de la défense européenne à la hauteur des menaces

Rappelle que l’Union européenne est un projet de paix, reposant sur le respect du droit international, les valeurs démocratiques, la dignité humaine et le projet d’unité mondiale ;

Estime que l’Union européenne doit de toute urgence garantir sa propre sécurité et son autonomie stratégique pour protéger ses intérêts vitaux et son intégrité territoriale, y compris celle des régions ultrapériphériques, et pour préserver son accès libre aux espaces mondiaux communs (maritimes, spatiaux, cyber, etc.) ; 

Réaffirme que l’Union européenne est une alliance légitime à défendre y compris militairement les intérêts de ses Etats membres conformément à l’article 42.7 du Traité sur l’Union européenne (TUE), qu’il convient à présent de rendre pleinement opérationnelle ; 

Appelle à la création d’une véritable Union de la défense en Europe et à la création d’une armée européenne pour faire face collectivement aux menaces stratégiques contemporaines ; 

Demande l’activation de l’article 42.2 du TUE pour la mise en place d’une véritable défense commune dans les meilleurs délais ;

Encourage les institutions et les Etats membres à renforcer les mécanismes de résilience de la société européenne face aux nouvelles menaces, telles que la déstabilisation de nos régimes démocratiques, la remise en cause de l’état de droit, la désinformation ou les ingérences étrangères via des mesures d’éducation, des actions d’information voire de formation afin de sensibiliser davantage les citoyens européens à la nouvelle réalité;

Exhorte les institutions européennes et les Etats membres à prendre en compte les nouvelles exigences du combat de haute intensité et spécialement l’usage des drones et des moyens de défense anti-missiles dans la construction d’un système de défense commun, en tenant compte notamment des enseignements tirés du conflit en Ukraine, mais aussi à prendre compte les opportunités et les défis de l’intelligence artificielles utilisée à des fins militaires ;

Enjoint les Etats membres de mettre en œuvre sans tarder les réglementations et procédures européennes permettant une meilleure efficacité dans la coopération et la coordination européenne en cas d’attaques cyber, sous l’impulsion de l’agence ENISA ;

Salue la constitution d’une coalition de volontaires pour renforcer le soutien militaire à l’Ukraine et demande que cette coalition de volontaires préfigure une organisation de défense pour le continent européen ;

Exige la mise en place d’un calendrier politique engageant et précis afin de concrétiser l’Union de la défense européenne sans plus tarder y compris entre seulement quelques Etats membres volontaires.

 

Pour une véritable politique européenne en matière de défense et d’affaires étrangères

Demande aux Etats et aux institutions de l’Union européenne de revoir la « boussole stratégique » de l’Union européenne adoptée en 2022 et de s’accorder sur les menaces militaires et les menaces hybrides actuelles, afin de définir les besoins pour calibrer les efforts d’organisation et de renforcement de capacités militaires, notamment à court terme en tenant compte des enseignements du conflit en Ukraine. En effet, la « boussole stratégique » de l’Union européenne adoptée en 2022 est dépassée par la nécessité de soutien à l’Ukraine, le regain de fortes tensions au Moyen-Orient et les désordres géopolitiques multiples en Afrique, en Asie et dans la région indo-pacifique. Il s’agit d’approfondir une « boussole stratégique » globale pour hiérarchiser ensuite les menaces et les besoins. Cette démarche doit aboutir à terme à la création d’une politique plus intégrée en matière d’affaires étrangères à l’échelle européenne ; 

 

Renforcer les prérogatives et les capacités du Service européen d’action extérieure et de l’État-major de l’Union européenne pour identifier, suivre et prioriser les menaces stratégiques auxquelles l’Union européenne fait face et pour construire une politique commune pour y répondre ; la discorde actuelle entre la Commission et le Service européen d’action extérieure doit cesser au profit d’une répartition claire des compétences entre les deux institutions afin de favoriser l’émergence d’une véritable politique extérieure de l’Union cohérente et afin de ne pas porter préjudice à la crédibilité extérieure de l’Union sur la scène internationale ;

Accueille favorablement le livre-blanc sur la défense européenne à l’horizon 2030 élaboré par la Commission européenne et insiste sur la nécessité de son actualisation périodique régulière, comme pour la revue stratégique de l’Union appelée « Boussole stratégique » ;

Salue l’annonce d’une nouvelle stratégie européenne de sécurité annoncée par la présidente de la Commission le 16 septembre tout en mettant en garde sur la prolifération des documents de référence potentiellement redondants et surtout peu lisibles dans leur portée et dans leur objectif : la nouvelle stratégie doit permettre de décrire la manière dont les Etats membres et les institutions européennes s’organisent concrètement et opérationnellement pour parvenir à la mise en œuvre rapide d’une union européenne de la défense.

 

Pour une dissuasion nucléaire étendue à l’Union européenne

Rappelle et apporte son soutien à la doctrine nucléaire française, qui considère que les intérêts vitaux de la France dépassent le cadre national et s’étendent à ses alliés européens. La dissuasion nucléaire française protège les intérêts vitaux de l’Union européenne et de ses États membres ;

Demande que soient approfondies les discussions pour permettre l’extension concrète de la garantie nucléaire française aux États membres volontaires de l’Union européenne dans la perspective d’une mutualisation des capacités nucléaires et des capacités conventionnelles du continent, dans la ligne du discours du président de la République française à l’Île Longue du 2 mars 2026 ;

 

Pour une Union qui investit dans sa défense

Veut que l’Union européenne développe par tous les moyens une véritable politique industrielle de défense européenne en mobilisant les ressources financières nécessaires, dans le but d’armer l’Europe et de préserver son autonomie stratégique ; 

 Demande, dans l’attente de la mise en œuvre du futur mécanisme de financement de la défense prévu pour la programmation financière (2028-2034), à renforcer et à prioriser les moyens financiers de l’Union européenne pour financer les investissements en matière de défense, à travers des prêts de la Banque européenne d’investissement, des fonds dédiés (FEP, FED, EDIP, EDIRPA, STEP, ASAP sont déjà au service de l’armement) et d’autres fonds à ouvrir au domaine de la défense (Horizon Europe, FEDER, RTE-Transports et Réseaux pour la mobilité militaire et la communication, Europe de l’Espace pour les satellites, les drones, etc). Les financements européens doivent consolider la base industrielle de l’Union européenne et prendre une trajectoire plus précise en priorités et en volumes ;

Appelle à la contraction d’un nouvel emprunt commun à l’échelle européenne pour financer l’effort de défense sur la base d’une revue des capacités militaires actuelles des Etats membres de l’Union européenne et d’une programmation des besoins capacitaires établie. Cet emprunt doit être remboursé par des ressources propres de l’Union européenne ;

Accueille favorablement le principe d’un plan d’investissement européen pour le réarmement de l’Union européenne, mais regrette les limites du plan en cinq volets « ReArm Europe », proposé par la Commission européenne. En effet, sur le plan « ReArm Europe », le Mouvement Européen : 

Soutient un emprunt européen de 150 milliards d’euros pour l’achat d’équipements militaires communs et le développement d’une industrie européenne de défense, bien que le montant des besoins pourrait être largement supérieur et en soulignant que le financement de l’Union européenne  ne peut pas se limiter à des prêts pour le financement des plans d’investissement nationaux ;

Regrette que l’essentiel du financement du plan repose sur des investissements nationaux à hauteur de 650 milliards d’euros, risquant d’engendrer inefficacité, renoncement et manque de coordination des plans de réarmement nationaux nuisant à l’interopérabilité des forces armées ;

Approuve l’assouplissement des règles budgétaires pour favoriser les investissements en matière de défense en Europe ; 

Salue de l’association à ce plan des Etats membres de l’Union européenne, des Etats de l’EEA-EFTA et de l’Ukraine ;

Approuve les principes d’acquisition pour l’achat et la production d’armement de l’Action de sécurité pour l’Europe (Security Action for Europe – SAFE) plus, mieux, ensemble et européen, et en particulier la nécessité que 65% de la valeur des équipements acquis proviennent des Etats partenaires du plan ;

Accueille favorablement l’augmentation des capacités de la Banque européenne d’investissement dans le but de soutenir des projets de défense et de sécurité ; 

Soutient l’unification des marchés de l’épargne et de l’investissement en Europe pour mobiliser l’épargne des Européens en faveur du financement d’investissements européens, notamment dans le domaine de la défense ;

Propose la création d’un produit d’épargne européen pour mobiliser l’épargne des Européens sur des investissements stratégiques, notamment dans le domaine de la défense commune ;

Rappelle que ce plan ne répond pas entièrement à la nécessité d’harmoniser les systèmes de défense des Etats européens et de faire émerger une véritable défense européenne ;

Soutient une approche équilibrée dans la réallocation des fonds : les fonds de cohésion ou d’autres fonds européens ne peuvent pas être réalloués pour financer l’effort de défense européenne au détriment d’autres politiques européennes stratégiques et indispensables pour construire la résilience de la société européenne ;

Encourage les banques privées à financer la production en Europe, en complément du soutien croissant de la Banque européenne d’investissement au secteur de la défense ; 

Encourage l’Union européenne à utiliser toute sa puissance normative pour inciter à la prise en compte des besoins militaires dans l’achat ou la location de systèmes à usage dual civilo-militaire (espace, communications, transports, santé, etc.). Les coûts supplémentaires éventuels pourraient être comptabilisés dans la participation financière à l’effort de défense conformément aux engagements pris lors de la conférence de l’OTAN en juin 2025. Les synergies entre usage civil et militaire doivent pouvoir créer un cercle vertueux profitant à la recherche et aux industries européennes. Les normes militaires ne doivent pas être alignées sur des références dictées par des pays tiers ;

Invite l’Union européenne et les Etats membres à réduire les exigences légales et réglementaires qui pèsent sur l’exportation des produits de l’industrie de défense à ses partenaires et alliés ;

Demande que le principe de préférence européenne dans les acquisitions militaires soit clairement mis en œuvre pour sortir de la dépendance actuelle à l’égard des pays tiers en matière d’armements et de composants stratégiques dans les communications et la mobilité militaire

Appelle à lutter contre la fragmentation actuelle du marché intérieur de l’armement, en coordonnant davantage les commandes aux industriels, à travers un renforcement de l’action de l’Agence européenne de défense (AED) ; 

 

Pour la constitution d’une armée européenne

Appelle à la création d’une armée européenne, force militaire européenne capable d’intervenir de façon autonome et sur court préavis, dans des engagements de haute intensité ; 

Souligne la nécessité pour les Etats membres de l’Union européenne qui renforcent considérablement leurs moyens militaires de le faire en parfaite coordination avec leurs partenaires européens, notamment le Royaume-Uni ;

Réaffirme avec force que seule la création d’une armée européenne permettra aux Européens de garantir durablement leur sécurité et leur liberté d’action dans un environnement stratégique devenu profondément instable ;

Demande la création d’une chaîne de commandement permanente apte à planifier et conduire des opérations européennes. Les plans établis à l’avance pour faire face aux principales menaces communes doivent prévoir les contributions en forces armées et en moyens militaires des Etats membres. Cette organisation doit explorer les possibilités offertes par les structures, les concepts et les normes d’interopérabilité existantes, notamment dans l’OTAN. Sans se substituer à l’OTAN, elle permet aux Européens d’assurer leur défense éventuellement seuls si les Etats-Unis ne souhaitaient pas s’engager. Une force d’intervention commune à mobilisation sur court préavis devrait au départ compter au minimum 60 000 personnes, ce qui renvoie à l’engagement pris lors de la création de la PESD dans les accords d’Helsinki ;

Demande la création d’une Académie militaire européenne pour favoriser l’émergence d’une culture stratégique commune, c’est-à-dire la création d’un collège européen de défense, d’une école de guerre européenne et d’écoles de formation spécialisées ;

Exige de renforcer la coopération et les capacités en matière de renseignement, en développant notamment le Centre de situation et du renseignement de l’Union européenne au sein du Service européen d’action extérieure, sous l’autorité du Haut-Représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. 

Souhaite renforcer les moyens de l’Académie européenne du renseignement, notamment en l’élargissant à tous les Etats membres volontaires, pour renforcer les capacités communes et développer la coopération en la matière pour favoriser l’émergence d’une culture commune du renseignement; 

Demande à renforcer les moyens et les prérogatives de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA), afin de faire face aux menaces actuelles pour la sécurité des Européens et de leurs alliés ; 

Souhaite faciliter la protection physique et intellectuelle des données d’intérêt stratégique pour la défense économique, civile et militaire commune ;

Attend avec intérêt les propositions de la Commission s’agissant d’un mécanisme similaire à l’article IV du traité sur l’OTAN qui prévoit des consultations entre alliées face à la montée des menaces contre leur sécurité  et serait à même d’offrir un cadre de consultations en cas de menaces hybrides;

 

Mobiliser tous les Européens et construire une culture de défense commune

Veut renouer le lien entre les citoyens européens et la défense, notamment par la diffusion de la culture de défense commune ou un même esprit de défense. Alors que certains Etats membres ou associés ont encore un système de conscription, comme la Finlande, qui forme et équipe en armement tous les citoyens, comme la Suisse, la question de la défense nationale par les citoyens réapparaît dans le débat public, un retour à un mode de service militaire volontaire universel pour les hommes et les femmes doit être posée dans tous les  Etats membres, sur la base d’une analyse de la menace partagée et discutée au niveau européen. La gestion des plans de prévention pourrait prendre en considération cette question en fonction des besoins dans chaque Etat (besoins dans les hôpitaux, les forces de sécurité, les forces de défense, les services de télécommunications, etc.), en fonction de l’état actuel de préparation de chacun ;

Appelle à développer le service civique à l’échelle nationale et européenne ;

Constituer une réserve opérationnelle dans chaque Etat membre, mobilisant aussi les forces civiles de l’Union européenne en cas de besoin, dans les Etats où cela n’existe pas. En plus de cette capacité d’intervention européenne professionnelle, la population européenne doit être encouragée à participer à des formations et exercices à caractère militaire, afin d’acquérir compétences et réflexes en cas de situation de crise ou de guerre. Les moyens techniques et humains déjà mutualisés au sein de Frontex et du Mécanisme européen de protection civile (MEPC) doivent pouvoir être additionnés aux moyens nationaux et mobilisés de manière coordonnée autant que de besoin selon un plan de mobilisation préparé dès maintenant. Comme l’a démontré la résistance ukrainienne, la défense nationale repose en effet sur la capacité de la population à participer à l’effort de défense, notamment à travers les forces de sécurité civile ou la réserve ;

Demande à intégrer un module de formation obligatoire à la citoyenneté européenne et la sensibilisation à la défense commune dans tous ces dispositifs, parmi lesquels le service civique, la réserve nationale ou encore le service militaire volontaire ;

 

Pour un partenariat renouvelé avec les alliés de l’Union européenne

Demande à redéfinir la relation stratégique avec les Etats-Unis, dont le désengagement de l’architecture de sécurité européenne est constant et risque probablement de s’accentuer encore davantage. Concrètement, le nombre de soldats américains sur le sol européen n’a cessé de décroître entre 1950 et 2021 passant de 430 000 à 80 000 hommes. La guerre en Ukraine a fait remonter ce chiffre à 100 000 en 2024. En parallèle, le poids des acquisitions d’équipements américains reste majeur en Europe ;

Demande de construire une capacité européenne crédible, afin d’atteindre l’objectif d’autonomie stratégique de l’Union européenne pour s’élever au rang de partenaire dans une relation équilibrée avec ses alliés de l’OTAN et éviter la vassalisation des Etats européens pour garantir leur sécurité ;

Salue la volonté de l’Union européenne et d’associer le Royaume-Uni à la défense européenne et la définition d’un partenariat stratégique entre l’Union européenne et son allié britannique, notamment afin de tenir compte de la question des armes nucléaires dans la panoplie de défense au service de la protection des Européens. A l’image de ce qu’ont fait le Royaume-Uni et l’Ukraine en concluant une alliance militaire pour 100 ans, l’Union européenne et ses États membres devraient pouvoir s’associer au Royaume-Uni pour la défense des alliés européens, de leurs valeurs, de leurs intérêts et du modèle de démocratie libérale ;

Salue les perspectives de rapprochement stratégique entre l’Union et le Canada.

Attend avec intérêt les propositions de la Commission annoncées le 16 septembre s’agissant de la création d’un conseil de sécurité européen, associant le Royaume Uni, le Canada et la Norvège.

 

Pour une gouvernance démocratique de la défense européenne 

Estime que l’incapacité persistante des institutions et des États membres à dépasser les logiques nationales constitue désormais un risque direct pour la sécurité du continent et exige les réformes nécessaires pour construire une gouvernance européenne de défense efficace et démocratique.

 

Veut adapter la gouvernance européenne à l’impératif de construire sans tarder une défense européenne et invite à lever les entraves que rencontrent les institutions européennes en la matière. Comme l’ont encore montré les discussions lors du Conseil européen informel de Copenhague le 3 octobre 2025, les Etats membres se montrent encore réticents à confier des prérogatives à l’Union européenne en matière de défense, s’appuyant sur les dispositions des traités européens. Le Commissaire en charge de la défense, la nouvelle commission du Parlement européen en la matière, la nouvelle impulsion de l’activité de coordination de l’Agence européenne de défense apportent une nouvelle énergie sur ces questions, sont de bonnes initiatives dans le contexte de menaces majeures en Europe. Dans l’attente d’une révision des traités, une approche équilibrée à la fois plus intégrée pour confier à la Commission plus de pouvoirs d’initiative et de coordination, et intergouvernementale pour permettre aux Etats membres de se renforcer mutuellement sur le plan militaire doit être promue dans un contexte d’urgence à opérer un réveil européen sur ces questions ;

Demande à moyen terme des réformes visant à assurer une plus grande unité d’action et une plus forte intégration dans le domaine de la défense et des affaires étrangères, et notamment en envisageant des  transferts de souveraineté dans le domaine de la défense et des affaires étrangères, à l’occasion d’une révision des traités, notamment en tenant compte des propositions du rapport adopté par le Parlement européen sur la modification des traités en novembre 2023. La Communauté européenne de défense de 1952 présentait un cadre novateur en son temps, bien que très dépendante de l’OTAN. La gouvernance de la défense européenne doit prévoir un rôle décisionnel pour le Conseil européen, ainsi que pour les Etats au sein du Conseil, surtout lorsqu’il s’agira de décider de l’envoi de troupes au combat sur un théâtre d’opérations. Elle doit toutefois abolir le vote à l’unanimité des Etats membres au Conseil sur les questions de défense et d’affaires étrangères et associer le Parlement européen aux décisions en la matière. 

Affirme que la paix, la démocratie et la liberté en Europe ne pourront être durablement préservées sans une capacité européenne de défense pleinement intégrée, crédible et autonome. Les Européens doivent désormais choisir entre la puissance collective et l’effacement stratégique.