Les commémorations des 75 ans du D-Day au moment ou les anciennes alliances se délitent : analyse d’Yves Bertoncini sur BFM TV

La France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada ont célébré les 75 ans du débarquement le 6 juin dernier. Une commémoration qui intervient à un moment ou les anciennes alliances se délitent entre le Brexit, les tensions avec la Russie, et les relations froides avec les Etats-Unis de Donald Trump. Yves Bertoncini, Président du Mouvement Européen – France était invité sur le plateau de BFM pour analyser ces célébrations au regard du contexte européen et international actuel.  

Yves Bertoncini souligne le paradoxe de la situation : « Nous célébrons avec nos deux partenaires, le Royaume-Unis et les Etats-Unis, le moment où ils nous ont sauvés, au moment où ils sont en train de nous quitter ». Il explique qu’effectivement, les relations actuelles entre la France et les Etats-Unis se distendent, d’où l’importance « de rendre hommage à ces vétérans et de se souvenir du sacrifice de ces soldats notamment quand ça ne va pas très bien ».

 

Mais l’attitude du Président américain n’est pas surprenante pour Yves Bertoncini qui rappelle que « Trump incarne aujourd’hui ce qui existe depuis longtemps au Etats-Unis : une tendance isolationniste ». Toutefois, Emmanuel Macron a insisté dans son discours sur une autre facette des Etats-Unis, « une forme de messianisme universaliste » selon les mots d’Yves Bertoncini qui précise qu’aux Etats-Unis « il y a toujours eu un balancement entre le grand large et le continent ». Pour le Président du Mouvement Européen, « Emmanuel Macron a voulu insisté sur cette autre tendance américaine pour retrouver une sorte d’équilibre que Trump a totalement rompu désormais ».

L’absence de Poutine, un signe des relations tendues ?

Pour Yves Bertoncini, il ne faut pas y voir une forme d’opposition, il s’agit surtout d’une question de contexte : « Poutine était là pour les 70 ans, il n’est pas là pour les 75 ans, et les Soviétiques ont contribué à la libération mais pas au débarquement ». Par ailleurs, Poutine recevait au même moment le Président chinois, pour Yves Bertoncini c’est une façon « de faire comprendre que pendant que nous commémorons le passé, il s’occupe de l’avenir avec un autre grande puissance »

Interpelé durant les commérassions par un citoyen, Emmanuel Macron promet de continuer d’être présent sur le terrain. Une attitude que le Président du Mouvement Européen considère « d’autant plus nécessaire qu’on est dans un pays où le Président ne rend aucun compte » ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays comme l’Allemagne. Yves Bertoncini explique qu’en France « nous avons un monarque républicain parfaitement légitime mais qui manque de courroie de transmission il est donc nécessaire qu’il rende des comptes ».