#UEdécryptée // L’UE veut elle supprimer notre camembert ?

… et de manière plus générale les produits locaux, favorisant ainsi les productions industrielles …

Eh bien non, tout au contraire, l’Union européenne, à travers diverses appellations géographiques, protège les productions locales dans l’Union contre les usurpations et imitations, en apportant à l’ensemble des consommateurs de l’UE une garantie sur l’origine et la qualité des produits.

Ainsi, le sel de Guérande a obtenu une IGP (Indication Géographique Protégée) en 2012, reconnaissant la démarche qualité des paludiers sur ce produit récolté manuellement selon un savoir-faire ancestral, et qui ne subit aucun lavage, traitement chimique ou ajout, contrairement aux sels industriels raffinés. Moribond il y a quelques années, Gros sel, sel fin et fleur de sel sont vendus dans toute l’Europe, mais aussi en Amérique du Nord et en Asie. En effet, les indications géographiques européennes sont aussi un enjeu de commerce extérieur, celles-ci représentant 15 % des exportations agricoles de l’UE.

Pour en revenir à notre camembert, ce dernier est protégé par une AOP (Appellation d’Origine Protégée) « camembert de Normandie », avec un minimum garanti de lait et de vaches produit et élevées localement. Or, des industriels peu scrupuleux ont utilisé un terme trompeur « camembert fabriqué en Normandie », mais qui s’est heurté à la réglementation de Bruxelles, cette dernière protégeant les AOP contre « toute utilisation commerciale, directe ou indirecte ».

Plus de 1 600 produits alimentaires ayant une appellation géographique européenne sont aujourd’hui proposés au consommateur européen, parmi lesquels le Beaufort, piment s’Espelette,  vins de Sancerre, etc.

 

Par Bertrand Gonguet, Mouvement Européen – Île-et-Vilaine